Actualités

Dans un monde incertain et complexe (VUCA), les entreprises doivent adopter la stratégie de l’empreinte légère (Light FootPrint)

Les entreprises ont de plus en plus de difficultés à prendre des décisions dans un monde et un environnement complexe et incertain. Et si nous changions nos représentations du monde et nos modèles passéistes du monde des entreprises pour arriver à un modèle plus proche de la réalité ?

 

D’un monde économique passéiste stable à un monde ultra-complexe volatile

Autrefois, le monde de l’entreprise était qualifié de SSEE-Word. Cela désignait un modèle économique des entreprises ou le monde économique, concurrentiel, législatif et de marché était stable (Stable), sûre (Secure), Simple (Easy) et clair (Explicit). C’était le Stable-Secure-Easy-Explicit-Word. De nos jours, certains secteurs fonctionnent encore sur ce principe, comme le précise Ella Gabriele Amann dans son ouvrage « La Résilience: L’art de rebondir et de surmonter les obstacles de la vie ».

F1401C_A_LGToutefois, la tendance et l’acronyme à la mode semble être le VUCA-Word, un changement de vision, de paradigme et d’orientation du monde économique et concurrentiel. Le monde devient :

  • Volatile (Volatility, rapidité de changement des acteurs, du marché, de la concurrence et des tendances de consommation),
  • Incertain (Uncertainty, manque de prévisibilité sur l’avenir même très proche),
  • Complexe (Complexity, impossibilité de gérer toutes les informations en présence pour prendre une décision),
  • et Ambigüe (Ambiguity, manque de visibilité sur les conséquences des évènements actuels), comme le précise le Café comptoir.

C’est le Volatility-Uncertainty-Complexity-Ambiguity-Word.

 

VUCA, une origine militaire américaine des années 1990

Shadow_200_UAV_(2)Dans les années 1990, les analystes de l’armée américaine élaborent un diagnostic du monde afin de définir les stratégies militaires à opérer. Ils définissent le VUCA. Tous les conflits armés engagés par l’armée américaine depuis lors s’inscrivent dans cette vision VUCA, qu’il s’agisse de l’ex-Yougoslavie, de l’Irak, de l’Afghanistan ou de la Lybie entre autres. A la fin du mandat de Georges Bush et pendant tout le mandat de Barack Obama, l’armée américaine élabore une approche armée qualifiée de Light FootPrint Strategy (la stratégie de l’empreinte légère en français). La Tribune expose les préceptes de cette stratégie :

«  frapper de façon efficace en laissant le moins d’empreinte possible sur le théâtre d’opération, ne pas immobiliser sur le terrain des forces inutiles et exposées, préserver les vies humaines et l’argent du contribuable sans diminuer la pression sur l’ennemi, utiliser au maximum l’effet de levier de la technologies en restant en tête de la course, jouer de l’effet de surprise et de l’excellence opérationnelle… »

Cette stratégie se décline en sept axes :

  • La cyber-guerre : utilisation des big-data, sécurisation des systèmes d’informations, … Des dérives sont d’ailleurs constatées dans le monde entier, à commencer par les scandales qui entourent la NSA ces derniers temps ;
  • Les drones : investissement importants pour utiliser au maximum des systèmes autonomes et économiquement moindres par rapport à des troupes armées ou des avions pilotés ;
  • Les forces spéciales : frappes chirurgicales avec des équipes engagées, motivées, autonome et avec des prises de décisions rapides ;
  • La centralisation et la décentralisation extrêmes : unité forte de commandement (par exemple, le président des Etats-Unis était en personne dans la « War-room » lors de l’assaut de la maison de Ben Laden) et des libertés d’appréciation et de décisions laissées aux forces opérationnelles sur le terrain pour intervenir rapidement ;
  • Le recours à des forces externes : utilisation des forces en présence sur place, qui connaissent bien le terrain pour préserver l’efficacité opérationnelle ;
  • La culture du secret : effet de surprise pour garantir l’efficacité sur le terrain ;
  • Assumer les dégâts collatéraux : par exemple, le Pentagone assume le fait que certaines frappes des drones atteignent par erreur des cibles civiles.

 

Du monde militaire au monde économique

A toute époque, les industriels se sont largement inspirés des stratégies militaires pour développer leurs entreprises. Les techniques de planification lancées par le monde militaire Européen (coté Allemand et coté français) pendant la seconde guerre mondiale ont largement inspiré les techniques de planification industrielles de la NASA pré-1969 pendant la guerre froide, puis par Toyota pendant la reconstruction nippone. De la même manière, le diagnostique VUCA couplé à la Light FootPrint Strategy ont été reprises par les grandes enseignes dans les années 2000 / 2010 jusqu’à aujourd’hui.

Voici quelques exemples de grands noms qui appliquent ces nouveaux modèles :

  • Zara : la marché du vêtement connait ces dernières années une volatilité des consommateurs occasionnant une déstabilisation totale de ce marché en perte de repères. Zara, la chaîne de magasins de vêtements principale du groupe espagnol Inditex, a su s’adapter à ce marché VUCA (volatile, incertain, complexe et ambigüe) et tire son épingle du jeu en faisant de la versatilité des modes son allié, s’imposant comme le seul acteur capable de renouveler toutes les semaines ses collections en boutique, selon la Tribune.
  • Netflix : de nos jours, les flux d’informations submergent les entreprises. Alors que la plupart des entreprises n’en sont qu’aux balbutiements de l’utilisation des big-data, Netflix a su fonder un modèle économique novateur et à agglomérer dans des outils modernes ces big-data sur les consommateurs pour proposer et produire des séries tel que House of Cards par exemple, comme le précise un article de France24.
  • Free : les marchés des NTIC sont ultra-incertains et volatiles. Free a su s’adapter à ce phénomène en créant une communauté de « Freenautes » devenant à leur tour prescripteurs des solutions Free, une véritable communauté au service marketing de Xavier Niel, comme pour Apple pour le marché de la téléphonie mondiale.
  • Google : là ou la plupart des entreprises délimitent l’utilisation de ses outils, Google à ouvert ses technologies aux accompagnants de startup pour garder un œil sur les innovations et comprendre les marchés, précise le Café Comptoir.
  • Pour aller plus loin, ROLAND BERGER STRATEGY CONSULTANTS présente une étude sur les stratégies VUCA / Light FootPrint de certaines entreprises.

 

La stratégie Light FootPrint adaptée aux entreprises

  1. La cyber-économie: utiliser les big-data dans les entreprises. La Tribune a publié un article exposant que l’utilisation des big-data peut révolutionner le marketing des entreprises, mettre en place des systèmes de veille performants ;
  2. La mécanisation de certains postes: utilisation de machines adaptées, souples et autonomes pour effectuer certaines tâches. Par exemple, la montée en puissance des imprimantes 3D permet à certaines industries de concevoir des pièces unitaires ou en petites séries, tout en gardant des lignes de fabrication classiques pour les grandes séries. Emmanuel Macron place l’impression 3D au coeur de l' »usine du futur » explique dans un article le Journal du Centre.
  3. Des salariés spécialisés : mise en place d’une stratégie GRH (Gestion des Ressources Humaines) poussée avec des PAC (plan d’amélioration des compétences), spécialisation des équipes, professionnalisation des pratiques et adaptabilité des personnes pour rebondir rapidement d’une activité à une autre ;
  4. Des prises de décisions à tous les niveaux : prises de décisions rapides par le dirigeant ou l’équipe de direction, dirigeant présent, entreprise conçue en ilots de petites équipes autonomes plutôt qu’en système pyramidal, autonomie et responsabilisation des équipes ;
  5. Recentrer sur les actions à valeur ajoutée : recentrer les missions et les champs d’intervention des équipes de l’entreprise sur les métiers de base et à valeur ajoutée, et sous-traiter les missions annexes ou non prioritaires, créer des relations de partenariats avec les sous-traitants dans des logiques gagnant-gagnant ;
  6. Le business Case: Utilisation de business case afin de comparer les coûts d’investissement de projets de développement, et les coûts d’inaction qui occasionnent également des dépenses (maintenance, maintien,…). Le journal du net présente dans un article le Business Case.
  7. Méthodes AGILE : Largement utilisé dans les projets de développement informatiques ou web, les méthodes agiles s’étendent progressivement dans d’autres secteurs d’activité et prônent une diminution drastique des cycles de conception en accélérant le développement de produit. Voir une présentation détaillée des méthodes agiles.

 

Au delà d’un effet de mode, la Light FootPrint Strategy se révèle être une stratégie incontournable pour évoluer dans un monde économique, stratégique, concurrentiel et législatif de plus en plus volatile, incertain, complexe et ambigüe.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :